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Sôdo

« Qu’est-ce que la Révélation ? C’est la communication par Dieu, à l’homme, d’une connaissance, d’une science, d’une intelligence, par l’intermédiaire d’un homme qu’en hébreu on appelle nabi, ce que les traducteurs juifs alexandrins de la bible hébraïque ont traduit en grec par le mot prophètès, que les Latins ont rendu par propheta, et nous, en français, par prophète. Le mot grec prophètès vient du verbe prophèmi qui signifie : dire ou annoncer d’avance. Le prophètès dans la langue grecque classique, c’est l’interprète d’un dieu, celui qui transmet ou explique la volonté des dieux. C’est aussi l’interprète des paroles d’un oracle ou d’un devin, l’interprète d’une doctrine. C’est enfin celui qui annonce l’avenir. Dans la tradition hébraïque, le nabi est l’homme par lequel Dieu communique son message. .. Voici ce que disait le prophète Amos au VIIIe siècle avant notre ère : «Il ne fait rien, le seigneur YHWH, il ne fait aucune chose sans qu’il révèle (galah) son secret (sôdô) à ses serviteurs les prophètes» (Amos 3, 7). … Claude Tresmontant remarque, reprenant le sujet déjà traité par Thomas d’Aquin dans la Somme, au chapitre sur la prophétie : «On s’imagine plus ou moins que l’inspiration divine se substitue à l’intelligence du prophète, que le prophète est totalement passif et inerte sous l’inspiration, comme une secrétaire de nos jours à qui son patron dicte son courrier. Mais non. Il suffit d’étudier de plus près les grands prophètes hébreux, Amos, Osée, Isaïe, Jérémie, Ézéchiel et d’autres pour se rendre compte que les prophètes hébreux sont actifs, éminemment, dans l’œuvre prophétique. Ils opèrent avec leur intelligence, leur courage, leur sainteté, leur tempérament. Le prophétisme hébreu est l’œuvre conjointe de Dieu et de l’homme. Dieu ne se substitue pas à l’homme. Il l’enseigne, il l’instruit, il l’éclaire, il l’informe du dedans. Il le recrée. Il le prépare du dedans.» … Lorsque quelqu’un se présente comme étant le canal d’une parole ou d’une révélation qui le dépasse, il n’est pas malsain de s’interroger sur le lieu, la profondeur d’ lui vient son inspiration. De la même façon qu’il n’est pas mauvais de s’interroger sur cet espace en nous-mêmes d’ naît une parole, d’ naît un désir. D’ est-ce que je parle ? La question n’est pas à poser seulement à propos du contexte social comme on l’a fait ces dernières années, mais aussi à propos du niveau de conscience ou d’inconscience dans lequel se trouve le locuteur. » – Jean-Yves Leloup – « Sectes, églises et religions » – http://www.jeanyvesleloup.com/fr/texte.php?type_txt=0&ref_txt=94

« …mais ce n’est point ce que veut dire «Livre du Secret», Qui a en Réalité une Signification beaucoup plus haute et plus profonde que celle de «Livre Secret». Nous Entendons Ici faire allusion au Rôle important que joue dans certaines Traditions Initiatique, Celles- mêmes qui Nous occupent présentement, la notion d’un «Secret» (en Hébreu Sôd, en Arabe Sirr) qui n’a rien à voir avec la Discrétion ou la Dissimulation, mais Qui Est Tel par la Nature Même des Choses ; Devons-nous rappeler à ce propos que l’Église Chrétienne elle même, dans ses premiers Temps, avait une «Discipline du Secret», et que le Mot «Mystère», dans son Sens Originel, désigne proprement l’Inexprimable ?  » – René GUENON – FORMES TRADITIONNELLES ET CYCLES COSMIQUES – Le Siphra di-Tzeniutha – Télécharger : Tout Guénon et son tutoriel en PDF – rene-guenon-tout guénon-v2

VoirSecret – Sirr – Sod