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« Au début du siècle dernier, la pensée scientiste d’Auguste Comte a influencé la Grande Loge de France au point de la faire vaciller sur ses valeurs en substituant la science à l’intuition, le désir de tout savoir à l’élan vers la spiritualité. Quand l’idée est soumise à l’outil, comme ce fut souvent le cas à cette époque, nous courrons le risque de nous égarer à nouveau si nous ne portons pas un regard éveillé sur l’émergence de l’Intelligence Artificielle. » – Question à l’Étude des Loges 6023-6024 – « L’Intelligence Artificielle à l’échelle de nos sociétés et de l’Humanité » PRÉAMBULE & QUESTIONS –

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« Quoi qu’il en soit, ce travestissement du Sacré-Coeur en « Cœur de l’Humanité » constitue, à proprement parler, du « naturalisme », et qui risque de dégénérer bien vite en une grossière idolâtrie ; la « religion de l’Humanité » n’est pas, à l’époque contemporaine, le monopole exclusif d’Auguste Comte et de quelques-uns de ses disciples positivistes, à qui il faut reconnaître tout au moins le mérite d’avoir exprimé franchement ce que d’autres enveloppent dans des formules perfidement équivoques. Nous avons déjà noté les déviations que certains, de nos jours, font subir couramment au mot même de « religion », en l’appliquant à des choses purement humaines ; cet abus, souvent inconscient, ne serait-il pas le résultat d’une action qui, elle, est parfaitement consciente et voulue, action exercée par ceux, quels qu’ils soient, qui semblent avoir pris à tâche de déformer systématiquement la mentalité occidentale depuis le début des temps modernes ? On est parfois tenté de le croire, surtout quand on voit, comme cela a lieu depuis la dernière guerre, s’instaurer un peu partout une sorte de culte laïque et « civique », une pseudo-religion dont toute idée du Divin est absente ; nous ne voulons pas y insister davantage pour le moment, mais nous savons que nous ne sommes pas seul à estimer qu’il y a là un symptôme inquiétant. Ce que nous dirons pour conclure cette fois, c’est que tout cela se rattache à une même idée centrale, qui est la divinisation de l’humanité, non pas au sens où le Christianisme permet de l’envisager d’une certaine manière, mais au sens d’une substitution de l’humanité à Dieu ; cela étant, il est facile de comprendre que les propagateurs d’une telle idée cherchent à s’emparer de l’emblème du Sacré-Coeur, de façon à faire de cette divinisation de l’humanité une parodie de l’union des deux natures divine et humaine dans la personne du Christ. » – René Guénon – ÉCRITS POUR REGNABIT – L’emblème du Sacré-Coeur dans une société secrète américaine – Page 597 de Tout Guenon en PDF – Telecharger : rene-guenon-tout guénon-v2 –

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« On peut en dire tout autant d’une autre hypothèse d’ordre plus général, celle qu’Auguste Comte a formulée sous le nom de « loi des trois états », et dans laquelle il transforme en états successifs des domaines différents de la pensée, qui peuvent toujours exister simultanément, mais entre lesquels il veut voir une incompatibilité, parce qu’il s’est imaginé que toute connaissance possible avait exclusivement pour objet l’explication des phénomènes naturels, ce qui ne s’applique en réalité qu’à la seule connaissance scientifique. On voit que cette conception fantaisiste de Comte, qui, sans être proprement « évolutionniste », avait quelque chose du même esprit, est apparentée à l’hypothèse du « naturalisme » primitif, puisque les religions ne peuvent y être que des essais prématurés et provisoires en même temps qu’une préparation indispensable, de ce qui sera plus tard l’explication scientifique ; et, dans le développement même de la phase religieuse, Comte croit pouvoir établir précisément, comme autant de subdivisions, les trois degrés fétichiste, polythéiste et monothéiste. » – René Guénon – ÉCRITS POUR REGNABIT – INTRODUCTION GENERALE A L’ETUDE DES DOCTRINES HINDOUES – La science des religions – Page 1003 de Tout Guenon en PDF – Telecharger : rene-guenon-tout guénon-v2 –

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« Auguste Comte voulait comparer la mentalité des anciens à celle des enfants, ce qui était assez ridicule ; mais ce qui ne l’est pas moins, c’est que les sociologues actuels prétendent l’assimiler à celle des sauvages, qu’ils appellent des « primitifs », alors que nous les regardons au contraire comme des dégénérés. Si les sauvages avaient toujours été dans l’état inférieur où nous les voyons, on ne pourrait s’expliquer qu’il existe chez eux une multitude d’usages qu’eux-mêmes ne comprennent plus, et qui, étant très différents de ce qui se rencontre partout ailleurs, ce qui exclut l’hypothèse d’une importation étrangère, ne peuvent être considérés que comme des vestiges de civilisations disparues, civilisations qui ont dû être, dans une antiquité fort reculée, préhistorique même, celle de peuples dont ces sauvages actuels sont les descendants et les derniers débris ; nous signalons ceci pour rester sur le terrain des faits, et sans préjudice d’autres raisons plus profondes, qui sont encore plus décisives à nos yeux, mais qui seraient fort peu accessibles aux sociologues et autres « observateurs » analystes. » – René Guénon – ÉCRITS POUR REGNABIT – INTRODUCTION GENERALE A L’ETUDE DES DOCTRINES HINDOUES – La science des religions – Page 1005 de Tout Guenon en PDF – Telecharger : rene-guenon-tout guénon-v2 –

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« Mais ce n’est pas tout : l’individualisme entraîne inévitablement le « naturalisme », puisque tout ce qui est au-delà de la nature est, par là même, hors de l’atteinte de l’individu comme tel ; « naturalisme » ou négation de la métaphysique, ce n’est d’ailleurs qu’une seule et même chose, et, dès lors que l’intuition intellectuelle est méconnue, il n’y a plus de métaphysique possible ; mais, tandis que certains s’obstinent cependant à bâtir une « pseudométaphysique » quelconque, d’autres reconnaissent plus franchement cette impossibilité ; de là le « relativisme » sous toutes ses formes, que ce soit le « criticisme » de Kant ou le « positivisme » d’Auguste Comte ; et, la raison étant elle-même toute relative et ne pouvant s’appliquer valablement qu’à un domaine également relatif, il est bien vrai que le « relativisme » est le seul aboutissement logique du « rationalisme ». Celui-ci, du reste, devait arriver par là à se détruire lui-même : « nature » et « devenir », comme nous l’avons noté plus haut, sont en réalité synonymes ; un naturalisme conséquent avec lui-même ne peut donc être qu’une de ces « philosophies du devenir » dont nous avons déjà parlé, et dont le type spécifiquement moderne est l’« évolutionnisme » ; mais c’est précisément celui-ci qui devait finalement se retourner contre le « rationalisme », en reprochant à la raison de ne pouvoir s’appliquer adéquatement à ce qui n’est que changement et pure multiplicité, ni enfermer dans ses concepts l’indéfinie complexité des choses sensibles. » – René Guénon – LA CRISE DU MONDE MODERNE – L’individualisme – Page 1169 de Tout Guenon en PDF – Telecharger : rene-guenon-tout guénon-v2 –

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« …en ce qui concerne ce même ternaire, une déformation assez extraordinaire et inattendue : nous voulons parler de la prétendue « loi des trois états » d’Auguste Comte ; mais, comme le rapport de celle-ci avec ce dont il s’agit peut ne pas sembler évident au premier abord, quelques explications à ce sujet ne seront peut-être pas inutiles, car il y a là un exemple assez curieux de la façon dont l’esprit moderne peut dénaturer une donnée d’origine traditionnelle, lorsqu’il s’avise de s’en emparer au lieu de la rejeter purement et simplement. L’erreur fondamentale de Comte, à cet égard, est de s’imaginer que, quel que soit le genre de spéculation auquel l’homme s’est livré, il ne s’est jamais proposé rien d’autre que l’explication des phénomènes naturels; partant de ce point de vue étroit, il est forcément amené à supposer que toute connaissance, de quelque ordre qu’elle soit, représente simplement une tentative plus ou moins imparfaite d’explication de ces phénomènes. » – René Guénon – LA GRANDE TRIADE – Déformations philosophiques modernes- Page 1268 de Tout Guenon en PDF – Telecharger : rene-guenon-tout guénon-v2 – rene-guenon-la grande triade –

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« Le spiritisme récoltant les fruits du positivisme voilà une chose qu’Auguste Comte n’avait certes pas prévue ; et pourtant, après tout, on voit assez bien les « guérisseurs » et autres médiums formant le sacerdoce de la « religion de l’Humanité »… »- René Guénon – L’ERREUR SPIRITE – La propagande spirite – Page 1838 de Tout Guenon en PDF – Telecharger : rene-guenon-tout guénon-v2 –

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« Mais, avant d’en arriver là, il y a eu bien des vicissitudes, et, parmi les partisans mêmes du progrès, il en est qui n’ont pu s’empêcher de formuler des réserves assez graves : Auguste Comte, qui avait commencé par être disciple de Saint-Simon, admettait un progrès indéfini en durée, mais non en étendue ; pour lui, la marche de l’humanité pouvait être représentée par une courbe qui a une asymptote, dont elle se rapproche indéfiniment sans jamais l’atteindre, de telle façon que l’amplitude du progrès possible, c’est-à-dire la distance de l’état actuel à l’état idéal, représentée par celle de la courbe à l’asymptote, va sans cesse en décroissant. Rien n’est plus facile que de montrer les confusions sur lesquelles repose la théorie fantaisiste à laquelle Comte a donné le nom de « loi des trois états », et dont la principale consiste à supposer que l’unique objet de toute connaissance possible est l’explication des phénomènes naturels ; comme Bacon et Pascal, il comparait les anciens à des enfants, tandis que d’autres, à une époque plus récente, ont cru mieux faire en les assimilant aux sauvages, qu’ils appellent des « primitifs », alors que, pour notre part, nous les regardons au contraire comme des dégénérés » – René Guénon – ORIENT ET OCCIDENT – Civilisation et progrès – Page 2074 de Tout Guenon en PDF – Telecharger : rene-guenon-tout guénon-v2 –

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« Par un parti pris souvent inconscient, les « scientistes » s’imaginent comme Auguste Comte, que l’homme ne s’est jamais proposé d’autre objet de connaissance qu’une explication des phénomènes naturels… » – ORIENT ET OCCIDENT – La superstition de la science – Page 2080 de Tout Guenon en PDF – Telecharger : rene-guenon-tout guénon-v2 –

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« Le caractère analytique de la science moderne se traduit par la multiplication sans cesse croissante des « spécialités », dont Auguste Comte lui même n’a pu s’empêcher de dénoncer les dangers ; cette « spécialisation », si vantée de certains sociologues sous le nom de « division du travail », est à coup sûr le meilleur moyen d’acquérir cette « myopie intellectuelle » qui semble faire partie des qualifications requises du parfait « scientiste », et sans laquelle, d’ailleurs, le « scientisme » même n’aurait guère de prise. » – ORIENT ET OCCIDENT – La superstition de la science – Page 2083 de Tout Guenon en PDF – Telecharger : rene-guenon-tout guénon-v2 –

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« Tout cela n’est que la conséquence inévitable de cette ignorance des principes que nous avons dénoncée comme le vice capital de la science occidentale ; et, en dépit des protestations de Littré, nous ne pensons pas qu’Auguste Comte ait fait dévier le moins du monde le positivisme en voulant instaurer une « religion de l’Humanité » ; ce « mysticisme » spécial n’était rien d’autre qu’un essai de fusion des deux tendances caractéristiques de la civilisation moderne. Bien mieux, il existe même un pseudo-mysticisme matérialiste : nous avons connu des gens qui allaient jusqu’à déclarer que, alors même qu’ils n’auraient aucun motif rationnel d’être matérialistes, ils le demeureraient cependant encore, uniquement parce qu’il est « plus beau » de « faire le bien » sans espoir d’aucune récompense possible. Ces gens, sur la mentalité de qui le « moralisme » exerce une si puissante influence (et leur morale, pour s’intituler « scientifique », n’en est pas moins purement sentimentale au fond), sont naturellement de ceux qui professent la « religion de la science » ; comme ce ne peut être en vérité qu’une « pseudo-religion », il est beaucoup plus juste, à notre avis, d’appeler cela « superstition de la science » ; une croyance qui ne repose que sur l’ignorance (même « savante ») et sur de vains préjugés ne mérite pas d’être considérée autrement que comme une vulgaire superstition. » – ORIENT ET OCCIDENT – La superstition de la science – Page 2090 de Tout Guenon en PDF – Telecharger : rene-guenon-tout guénon-v2 –

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