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« Il faut se contenter pour Dieu d’une simple «Quasi-définition » : Dieu EST «l’Être Subsistant par Soi ». C’est ce que nous apprennent les Cinq voies de St Thomas – Somme théologique – : Dieu est l’être qui Existe sans Cause, qui met en Mouvement sans être Mû, qui Ordonne sans être Ordonné par un autre, l’Être dans toute son intensité, toute son extension, Au-delà de tout genre et de toute différence spécifique. » […] Procédé qui permet de Connaître quelque chose de l’Essence de Dieu : Ne pouvant accéder directement à l’Essence de Dieu en elle-même, l’Intelligence humaine doit ruser : elle doit se contenter d’approcher d’elle de façon oblique, à partir de l’observation de ses effets dans la Création. En effet, puisque les Cinq voies nous ont amené à considérer que Dieu était Cause de tout (Créateur), et puisqu’il existe toujours une certaine ressemblance entre l’effet et sa Cause, alors en observant les caractéristiques de l’effet (la Création), on peut saisir quelque chose des caractéristiques de la Cause (les Attributs de Dieu). Un tel procédé de Connaissance est appelé «analogie». L’Analogie requiert qu’on agisse avec délicatesse. Lorsqu’elle part de l’observation des caractéristiques du Monde Créé pour Connaître quelque chose de Dieu (Ses Attributs), l’Intelligence doit toujours garder en considération le fait qu’il existe, plus profondément encore que des ressemblances entre Créateur et créatures, une dissemblance radicale. Autrement dit, lorsqu’on veut attribuer à Dieu des perfections qui existent dans l’univers, il faut transposer, et non se contenter d’une attribution telle quelle. Traditionnellement, à l’école de Denys le Pseudo-Aréopagite – théologien syrien du V°siècle et de St Thomas, on identifie trois procédés Analogiques complémentaires qui permettent d’accéder aux Attributs Divins : l’Affirmation, la Négation et la Suréminence.
- Voie de l’Affirmation : On part du constat que Dieu est Cause de toute réalité créée. Or, puisque les perfections d’un effet créé sont toujours possédées par la cause de cet effet, on en déduit que Dieu possède chaque perfection de ses créatures. On attribue alors à Dieu toutes les perfections qu’on identifie dans les créatures.
- Voie de la Négation : On constate que les perfections possédées par les créatures sont toujours mêlées d’imperfection. Et puisqu’on sait Dieu Transcendant et Parfait (il a l’Être en plénitude, il est cause première de tout…), on est conduit à nier toute imperfection quand on lui attribue analogiquement telle ou telle caractéristique des créatures. Certains pères de l’église élaborent ce qu’on appelle une « Théologie négative ou Théologie apophatique » : ils affirment, sur un mode parfois radical que Dieu n’est ni substance, ni vie, ni esprit, ni sagesse, etc. Ils ne veulent pas refuser par là ces perfections à Dieu, mais exprimer l’idée que Dieu ne possède pas ces perfections que nous pouvons identifier dans les créatures sur le même mode qu’elles : en Lui, ces perfections ne sont mêlées d’aucune imperfection, contrairement à ce qui existe dans les créatures. Il s’agit ici de prendre conscience que nos représentations de l’essence de Dieu sont toujours imparfaites, parce que nous ne connaissons les qualités que nous lui attribuons par analogie qu’en observant les créatures, qui ne possèdent ces mêmes qualités que sur un mode très imparfait. – Les 3 procédés Analogiques.
- Voie de la Suréminence : On affirme que Dieu possède toutes les perfections identifiée chez les créatures à un degré qui n’existe pas dans l’univers créé, mais sur un mode absolument parfait, suréminent.
Conclusion : ces 3 voies se complètent : à l’affirmation en Dieu d’une perfection connue dans l’univers créé, il faut toujours ajouter sa Transcendance et la négation de toute imperfection. – http://ktsens.fr – Lien d’origine pouvant ne plus être plus accessible suivant aléas du WEB ! – Note Rémi ALCINA –


« St Thomas d’Aquin – Docteur de l’église du XIIIième Siècle – identifie dans sa fameuse somme théologique de St Thomas d’Aquin – 1ère partie, Quest.3, art.3 – cinq voies pour déceler l’existence de dieu en partant du monde que nous pouvons observer.
- Voie du mouvement : Nous observons qu’il existe du mouvement dans le monde ; or pour qu’un être soit en mouvement, il faut qu’il soit mis en mouvement par un autre être ; et puisqu’on ne peut pas remonter à l’infini sur la chaîne des moteurs , il faut qu’existe un être qui donne en premier lieu le mouvement sans avoir besoin d’être lui-même mis en mouvement par un autre.
- Voie de la causalité : Tout être a bien une cause ; or on ne peut remonter à l’infini dans l’ordre des causes ; donc il faut qu’existe un être, cause première de tout, qui ne soit pas causé lui-même par un autre.
- Voie de la contingence et de la nécessité : tout les êtres que nous pouvons observer sont éphémères, puisqu’ils sont voués à la mort ou à l’érosion . Tous les êtres que nous pouvons observer sont contingents, c’est-à-dire non nécessaires : leur disparition n’entraîne pas la disparition du monde . La contingence d’un être signifie qu’il est fragile, qu’il aurait pu ne jamais exister ou qu’il peut très bien ne plus exister. Or s’il n’y avait que des êtres contingents, non nécessaires, le monde ne serait jamais sorti du néant. Il faut donc poser l’existence d’un être non contingent, absolument nécessaire, à l’origine du monde qui nous entoure. Autre élément qu’on peut apporter : le monde semble en perpétuelle « fuite » ; et en même temps, il semble animé d’une certaine constance. Il doit donc bien exister un principe qui demeure : un être nécessaire qui « anime » le monde.
- Voie des degrés de perfections : les réalités qui nous entourent sont plus ou moins parfaites . Ce « plus » et ce « moins », autrement dit l’existence de degrés dans l’ordre des différentes perfections, laisse subodorer qu’il existe un être qui communique aux êtres que nous observons leurs perfections. Or pour pouvoir communiquer une perfection, il faut la détenir en sa possession . Donc cet être qui communique à tout ce que nous connaissons leurs perfections, il faut qu’il cumule en lui-même toutes les perfections.
- Voie de l’ordre de l’univers : c’est un fait qu’il existe un ordre dans l’univers , dans l’être humain . Or s’il existe un ordre, ce ne peut être le fruit d’un pur hasard . Il faut donc qu’existe une intelligence qui ait conçu et ordonné l’univers. Et puisque cet ordre est vraiment admirable, il faut que cette intelligence soit parfaite ! » – http://ktsens.fr –


« Un seul exemple pourrait permettre de mesurer l’étendue de cette régression : La somme théologique de saint Thomas d’Aquin était, dans son temps, un manuel à l’usage des étudiants ; où sont aujourd’hui les étudiants qui seraient capables de l’approfondir et de se l’assimiler ? » – rené guenon – « symboles de la science sacrée » – mythes, mystères et symbolismes. – page 2 –


Voir : Anankè – Anima Mundi – Hasard – Hylê primordiale – Primum movens – Principe –
