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« Pour Platon, Quatre Vertus composent l’État le plus parfait, dit-il : la Sagesse, le Courage, la Tempérance et la Justice.
- La Sagesse est aux commandes, car dans toutes choses, c’est l’Âme qui doit commander.
- Le Courage est la Vertu qui est appelée à seconder l’Âme dans la défense de l’État contre tout ce qui pourrait lui porter atteinte.
- La Tempérance est la maîtrise de Soi, la maîtrise par la Raison des Passions et des Désirs.
Dans la Cité, dit Platon, la Tempérance est l’Harmonie qui doit s’établir entre ceux qui commandent et ceux qui savent qu’ils doivent être commandés.
- La Justice enfin, se trouve dans le fait que chacune de ces Vertus puisse remplir correctement sa propre Mission.
- La Raison doit commander,
- le Courage doit obéir et seconder la Raison ;
- la Tempérance doit établir une Harmonie entre ces deux domaines.
A contrario,
- l’injustice arrive lorsque ces Vertus ne remplissent pas chacune leurs propres rôles. L’injustice s’installe lorsque c’est
- l’Ignorance qui commande, ou
- la lâcheté qui règne en Maître, ou encore,
- les Passions qui s’imposent à la Raison.
– La Tradition Chrétienne Médiévale, à la suite des Pères, reviendra souvent sur cette ouverture progressive de l’Intelligence dans les épaisseurs du Sens. Elle distinguera Quatre niveaux d’interprétation de l’écriture : niveaux
- Historique,
- Allégorique,
- Tropologique
- Moral et Anagogique. » …
– Jean-Yves LELOUP – « Évangile de Jean » P19, Spiritualités vivantes, Albin Michel N° 76 –

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« Qui relève de l’emploi figuré du langage. Il y a dans les mots un sens primitif et un sens tropologique (…) Le sens tropologique est ou figuré ou purement extensif, selon que la nouvelle signification à laquelle il est dû, a été donnée au mot librement et comme par jeu, ou qu’elle en est devenue une signification forcée, habituelle, et à peu près aussi propre que la signification primitive. » – p. Fontanier, les figures du disc., 1968 [1821], p. 75). B. –

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« Qui est de la nature spatiale de la courbe – p. Métaph. – et si les langues (…) Ont eu chacune leur histoire, leurs modes, leurs habitudes, leurs oublis, c’est parce que les mots ont leur lieu, non dans le temps, mais dans un espace où ils peuvent (…) Se déplacer, se retourner sur eux-mêmes, et déployer lentement toute une courbe : un espace tropologique » – Paul-Michel Foucault « Les mots et les choses, 1966, p. 130).

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« La tropologie désigne l’interprétation figurée d’un mot ou d’une expression, en le détournant de son sens littéral pour en donner un sens métaphorique, moral ou allégorique.
Sens littéral versus sens tropologique
- Sens littéral : signification première, concrète, référant directement à la réalité.
- Sens tropologique : signification secondaire, figurée, qui repose sur une comparaison, une analogie ou une leçon morale.
Caractéristiques du sens tropologique
- Figuré : le mot n’est plus employé dans son acception première, mais pour évoquer une idée abstraite (ex. : «lumière» pour la connaissance).
- Extensif : le sens s’étend à de nouveaux champs sémantiques, parfois jusqu’à devenir quasi‑lexicalisé (ex. : «cœur» pour le centre ou le point vital).
- Contextuel : dépend du contexte culturel, littéraire ou religieux dans lequel il apparaît.
Origine historique : Le terme vient du grec tropos «manière, façon» et -logie «étude». Il était déjà présent chez les auteurs latins (ex. : Saint Augustin) pour désigner les interprétations allégoriques des Écritures.
Domaines d’application
- Littérature : fables, paraboles, poèmes où les objets concrets portent un sens moral.
- Théologie : exégèse biblique (ex. : le «pain» comme symbole du corps du Christ).
- Rhétorique : figures de style (métaphore, allégorie).
Exemples classiques
- «Le soleil de justice» – le soleil (astre) représente la justice éclatante.
- «Une mer de larmes» – la mer (vaste étendue d’eau) symbolise une grande quantité de pleurs.
- «Le cœur du peuple» – le cœur (organe) désigne le centre émotionnel ou la volonté collective.
Processus d’«institutionnalisation»
- Phase 1 : usage ponctuel, souvent poétique ou didactique.
- Phase 2 : diffusion dans la langue courante, adoption par d’autres auteurs.
- Phase 3 : lexicalisation partielle : le sens tropologique apparaît dans les dictionnaires comme sens secondaire.
Distinction avec d’autres sens figurés
- Métaphore : comparaison implicite (ex. : «une montagne de travail»).
- Allégorie : représentation prolongée d’une idée abstraite par un récit complet.
- Tropologie : plus large, englobe métaphore, allégorie et toute interprétation morale ou symbolique.
Limites et risques
- Ambiguïté : le lecteur peut ne pas saisir le sens figuré sans contexte.
- Sur‑interprétation : certains sens tropologiques peuvent être imposés a posteriori, créant des lectures ana-chroniques.
Références lexicographiques
Les dictionnaires de langue française (ex. : Le Petit Robert, Larousse) réservent généralement une sous‑entrée «tropologique» ou indiquent «fig.» (figuré) pour les sens issus de la tropologie.
En résumé : Le sens tropologique est figuré : il transforme un terme concret en un symbole ou une leçon mo-rale. Il peut évoluer d’un usage ponctuel à un sens extensif et quasi‑lexicalisé. Il se retrouve surtout dans la littérature, la théologie et la rhétorique, où il sert à enrichir le discours par des images porteuses de sens. Note : si vous cherchez des exemples précis dans un texte particulier, il faut consulter le texte original ou une analyse commentée, car le sens tropologique dépend fortement du contexte d’utilisation. » – Source IA Qwant –

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